La punition exemplaire infligée aux Chypriotes

Chypre a été choisi pour une punition solennelle et exemplaire

 

"Recapitalisez-nous, gémissaient les banquiers chypriotes, sinon nous ferons faillite, nous sommes secs, secs, secs, plus secs que des harengs saursVous avez avancé trois cents milliards d'euros à la Grèce, nous ne demandons que dix-sept tout petits milliards."

Mais les fourmis nordiques ne l'entendirent pas de cette oreille. Il s'agissait apparemment de faire un exemple en ayant l'air de punir un paradis fiscal qui aurait traficoté avec la maffia russe, mais en réalité, c'est un moyen d'expérimenter les effets d'un certain moyen, particulièrement immoral et douloureux pour les épargnants, de renflouer l'ensemble du système bancaire mondial qui n'est guère en meilleur état que celui de Chypre, en faisant main basse, comme tous les truands du monde, sur l'argent à leur portée et en invoquant le prétexte vertueux que la BCE n'allait pas courir au secours d'un canard boiteux.

"Chypre a été choisi pour une punition solennelle et exemplaire. C’est la Grèce qui aurait dû être à sa place mais les milieux politiques et les contribuables allemands ont eu ras le bol de payer les factures grecques." [5]

C'est ainsi que la représentante du FMI, Mme Lagarde, bras exécutif de la finance anglo-saxonne, le Conseil d'administration de l'Euroland présidé par un jeune Hollandais au nom imprononçable - Jeroen Dijsselbloem - qui a remplacé le Luxembourgeois Juncker, ainsi que le transparent Président Van Rumpuy, mais au salaire faramineux, ont accouché en commun de la solution qui avait été inventée par l'Union soviétique moribonde en 1991: la confiscation monétaire .

Joyeuse réunion sur Chypre: à gauche M. Michael SARRIS, ministre des finances de la République de Chypre, au centre, M. Nicos ANASTASIADES, Président de la République de Chypre, M. Herman VAN ROMPUY, Président du Conseil européen,

"Si une banque à risque ne peut pas se recapitaliser elle-même, alors nous discuterons avec les actionnaires et les créanciers obligataires, nous leur demanderons de contribuer (...) et, si nécessaire, nous le demanderons aux détenteurs de dépôts nons garantis", a traquillement asséné le bureaucrate hollandais (c'est-à-dire à Monsieur tout le monde qui a confié son épargne à la banque et qui se trouvera victime d'une manière d'extorsion de fonds "légale" effectuée par des pickpoketts encravatés).

Mme Lagarde (FMI) et M. Michael SARRIS, ministre des finances de la République de Chypre

 

Les peuples européens sont prévenus: le représentant des eurocrates bruxellois a révélé, avec l'inconscience du néophyte et la morgue du fonctionnaire grassement rémunéré, que l'accord obtenu - ou plutôt imposé - à Chypre "fera date et pourra donc être étendu, en cas de besoin, à la quasi totalité des Etats européens". Les pays de l'Europe du Nord et notamment la Hollande, ont immédiatement salué cette heureuse initiative, jugée "rationnelle" et "sensée". "Sur le contenu, ce n'est pas si scandaleux, susurre-t-on dans les couloirs de la Commission, mais le moment est mal choisi...". Cela signifie que lorsque le moment sera mieux "choisi", le remède de cheval imposé aux Chypriotes sera appliqué à l'ensemble des pays européens , et cela afin d'assurer la prospérité et la longévité des nouvelles vaches sacrées du monde entier : les BANQUES.

Mais, devant la levée de boucliers des vieux routiers de l'Eurogroupe qui ont immédiatement compris l'effet psychologique ravageur d'une telle annonce, suivi par un début de panique boursière, le jeune écononiste polyglotte hollandais Dijsselbloem , rebaptisé "Dijsselbourde", a tenté de rétropédaler. Le commissaire européen aux marchés financiers, le Français Michel Barnier, est venu à son secours. Il a benoîtement affirmé que la "Commission réfléchit à la manière d'éviter de faire payer les erreurs des banques".

 

M. Jeroen Dijsselbloem, heureux Président de l'Eurogroupe

Mais le Diable est dans les détails et les sous-entendus. La porte-parole du gouvernement français, Mme Najat Vallaud-Belkacem nous a mis sur la voie lorsqu'elle a annoncé que "le gouvernement de Chypre n'a pas su bien présenter le plan de sauvetage des banques". Il y aurait donc, d'après cette habile et volubile porte-parole, une manière agréable et civilisée de présenter la manière de voler les épargnants? [6]

Eurêka! D'Espagne est venue la lumière: le gouvernement a déjà commence par instaurer une taxe payée par les banques... mais à charge pour elles de la refacturer à leurs clients. On ne ponctionne donc pas directement les comptes des clients, mais, dans un second temps, le montant de la taxe sera déduit des intérêts des placements. Pour l'instant la taxe est de 0,2%... en attendant la suite. Cette manière-là de "présenter le plan de sauvetage des banques" qui a certainement tout pour séduire Mme Vallaud-Belkacem, a immédiatement été adopté aux antipodes par M. Bill English, Ministre des finances de Nouvelle Zélande. Il suffisait de commencer.


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