Jésus chasse les marchands du temple

Ma maison sera une maison de prière.

1 - La colère de Jésus contre les usuriers du temple de Jérusalem 

Un épisode unique, révélateur et particulièrement détaillé est rapporté par les quatre évangélistes-biographes de Jésus avec une unanimité et une précision qui attestent de son authenticité. Je veux parler de la violente colère qui a envahi le prophète dans le temple de Jérusalem et qui l'a conduit à provoquer un tohu-bohu scandaleux. Il s'est saisi de cordes - qui devaient traîner dans un coin et qui servaient à amener les bestiaux destinés au sacrifice, ou alors il s'en était muni et avait prémédité son acte - et, les repliant de manière à en faire une sorte de fouet, s'est servi de cette arme improvisée pour se lancer à l'assaut des "changeurs" - c'est-à-dire les banquiers-usuriers de l'époque - qui officiaient sur place et qui y tenaient boutique, ainsi que de la populace qui amenait, gardait et vendait les bêtes à sacrifier et toutes sortes d'autres produits destinés à l'offrande.jesus-chasse-marchands-1.jpg

Il faut se représenter la scène d'un justicier en fureur qui pénètre dans l'enceinte d'un édifice religieux grouillant de pèlerins, de marchands et de bestiaux. Faisant tournoyer au-dessus de sa tête un fouet bricolé avec des cordes, il renverse les tables recouvertes de pièces de monnaie des traficoteurs, les traite de voleurs et de brigands, frappe les hommes et les animaux afin de les pousser vers la sortie. Il doit avoir avoir présenté un aspect suffisamment effrayant pour que la population de changeurs, de maquignons et de vendeurs de blé et de farine destinés aux sacrifices végétaux, et qui se livraient à qui mieux mieux à une simonie éhontée, préfèrent ramasser ce qu'ils pouvaient de pièces de monnaie et de marchandises avant prendre la poudre d'escampette. Mais il fallait le faire promptement car lejusticier au fouet " ne laissait personne transporter aucun objet à travers le temple" précise l'évangéliste Marc.

Les bêtes couraient, les taureaux, les boucs, les béliers mugissaient, bêlaient, ruaient, urinaient, les volières tombaient à terre et s'ouvraient, les pigeons piaillaient, impossible d'éviter de patauger dans les excréments et l'urine. Il régnait un bruit infernal d'animaux entassés, terrorisés, que l'odeur du sang rendait fous. Pour un scandale, ce fut un beau scandale!

Ce vacarme attira " les chefs des prêtres et les scribes, ainsi que les notables et les sacrificateurs".

Au spectacle de ce sacrilège, qui portait une atteinte décisive à leurs propres finances, "ils cherchèrent les moyens de le faire périr" .

 

 

 

 

 

"Et Jésus entra dans le temple de Dieu, et il chassa tous ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple; et il renversa les tables des changeurs, et les sièges de ceux qui vendaient des pigeons. il leur dit: il est écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière; mais vous en avez fait une caverne de brigands.Matthieu 21, 12-13

Ils arrivèrent à Jérusalem, et Jésus entra dans le temple. Il se mit à chasser ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple; il renversa les tables des changeurs, et les sièges des vendeurs de pigeons; et il ne laissait personne transporter aucun objet à travers le temple. Et il enseignait et disait: N'est-il pas écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations? Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. 
Les principaux sacrificateurs et les scribes, l'ayant entendu, cherchèrent les moyens de le faire périr; car ils le craignaient, parce que toute la foule était frappée de sa doctrine. Quand le soir fut venu, Jésus sortit de la ville.
Marc 11, 15-19

"Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem. Il trouva installés dans le Temple les marchands de boeufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs boeufs; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » Jean 2, 13-16

"Jésus entra dans le Temple, et se mit à expulser les marchands. Il leur déclarait : « L'Écriture dit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. » Il était chaque jour dans le Temple pour enseigner. Les chefs des prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir. Luc, 19, 45-47

 

 

Pour comprendre la fureur de Jésus, il faut souvenir qu'au centre de la puanteur et du vacarme des animaux entassés trônaient les fameux "changeurs". Comme leur nom l'indique, ils étaient censés "changer" les pièces de monnaie variées légalement en cours, présentées par les pèlerins et les fidèles, en une monnaie dont ils avaient monopole: le demi-shekel. En effet, le rituel du temple était si astucieusement codifié que seule cette pièce-là permettait d'acheter les animaux du sacrifice et de s'acquitter de l'impôt religieux. Or, au lieu de "changer" honnêtement un shekel en deux demi-shekels, ces rapaces ancêtres des banquiers-usuriers se payaient grassement et exigeaient plusieurs fois le montant réel de la valeur en échange de la délivrance de la précieuse pièce de monnaie "religieuse".

C'est eux, tout particulièrement, que Jésus a traités de "voleurs". Il fut donc le premier rebelle qui tenta de détruire le système capitaliste usuraire qui s'était établi à l'ombre des motivations religieuses et sur lequel était fondée la prospérité des notables du temple - sacrificateurs, scribes, prêtres grands et petits et de multiples autres simoniaques. C'est pourquoi il a qualifié cette institution une "caverne de voleurs" et ses membres des "bandits".telechargement-1-1.jpg

Les évangélistes Luc et Marc lient clairement l'arrestation de Jésus et sa condamnation à mort à cet acte révolutionnaire de mise en cause de l'organisation financière frauduleuse sur laquelle reposait la prospérité des hiérarques religieux, grand prêtre en tête: "Les principaux sacrificateurs et les scribes, l'ayant entendu, cherchèrent les moyens de le faire périr; car ils le craignaient" écrit Marc. Ces derniers étaient d'autant plus inquiets et furieux contre cet agitateur public que "la foule était frappée de sa doctrine", ce qui signifie qu'elle approuvait le geste sacrilège. Il fallait donc mettre un terme au plus vite à une sédition naissante qui risquait de détruire le juteux commerce dont ils étaient les bénéficiaires privilégiés.

2 - A mort, le contestataire du système usuraire du temple! 

Dans les premières pages d'un ouvrage paru en 1923 et critiquant le système monétaire créé aux Etats-Unis le 23 décembre 1913 , The True Function of Money & the False Foundation of Our Banking System Bank, non traduit en français (La véritable fonction de la monnaie et les fondements frauduleux de notre système bancaireouvrage largement antérieur à celui de Eustace Mullins - Secrets of the Federal Reserve , The London Connection , 1952 - Frederick Raphael Burch est le premier historien à avoir analysé cette contestation révolutionnaire d'un système financier fondé sur une fraude et à la comparer à la création d'un autre système frauduleux, lequel sévit depuis un siècle, et dont le monde continue de subir les conséquences désastreuses, la création de la Réserve Fédérale (FED) et l'invention de la monnaie privée des banquiers, le dollar.

 

"Jesus Christ dared to oppose the "money changers" and for that he was murdered. "As long as Christ confined his teachings to the realm of morality and righteousness, He was undisturbed; it was not until He assailed the established economic system and 'cast out' the profiteers and 'overthrew the tables of the money changers,' that He was doomed." [2] Jesus accused the "money changers" of turning the Temple into a "den of thieves." (...) The day after Jesus challenged the money system, He was interrogated. The next day, He was betrayed. The following day, He was tried, and on the fourth day He was executed."

Jesus-Christ osa s'opposer aux "changeurs de monnaie", et pour cela, il fut assassiné. Aussi longtemps que le Christ limitait son enseignement au domaine de la morale et de la justice, il ne fut pas dérangé; il ne le fut pas jusqu'à ce qu'il s'en prît au système économique établi et renversât les tables des changeurs, c'est à cause de cela qu'il fut condamné. Jésus a accusé « les changeurs de monnaie» d'avoir transformé le Temple en « une caverne de voleurs». (...) Le lendemain de sa contestation du système monétaire, il fut interrogé. Le jour suivant il fut trahi, jugé le jour d'après et le quatrième jour, il fut exécuté."

Frederick Raphael BurchThe True Function of Money & the False Foundation of Our Banking System Bank, 1923

 

 

 

 

Mais les "changeurs" n'étaient pas les seuls bénéficiaires du juteux commerce qu'engendrait la "caverne de voleurs" dans laquelle officiait un pléthorique personnel de prêtres-sacrificateurs qui pratiquaient un lucratif commerce de viande de boucherie, puisque seul le sang était offert en hommage à la divinité alors que la viande devenait la propriété des sacrificateurs. C'est la coalition de tous les profiteurs qui gravitaient autour et dans le temple qui a abouti à l'élimination expéditive du trublion.

 

Croyant se débarrasser d'un contestaire blasphémateur, les rusés notables du temple n'avaient pas prévu à quel point leur acte se retournerait contre eux. Comment auraient-ils pu imaginer, même dans leurs cauchemars les plus terrifiants, que leur vengeance aurait pour conséquence extraordinaire la naissance d'une nouvelle religion destinée à anéantir la leur? Ces petits hommes ne savaient pas que les hommes-signes sont plus vivants lorsqu'ils sont morts que durant de leur trottinement sur la terre.

 

Car c'est précisément la crucifixion qui s'ensuivit du courageux contempteur de la première magouille bancaire violemment dénoncée - et le miracle de la résurrection du mort proclamée trois jours après - qui fut la pierre d'angle et le point de départ du christianisme. Les Pharisiens ont donc bien involontairement créé les conditions qui ont assuré la vie éternelle à un "délinquant", à un "agitateur social" et à un contestateur de l'ordre social en vigueur. Naturellement, il n'existe pas de trace que cet aspect de la contestation de Jésus ait été examiné, ni même soulevé, lors de son procès devant le Sanhédrin, qui a préféré s'en tenir à des accusations théologiques.

 

La hiérarchie catholique n'insiste pas non plus sur la proximité dans le temps entre le scandale provoqué par la violente dénonciation des trafics en tous genres qui se déroulaient dans le temple et la crucifixion de son fondateur. Officiellement, elle adopte d'autant plus volontiers les motivations théologiques brandies par les hiérarques pharisiens, afin de justifier la condamnation, puis l'exécution de l'imposteur par le bras séculier romain, qu'elle est elle-même très rapidement devenue une puissance temporelle opulente.

L'histoire est facétieuse. Un court billet paru dans le Monde daté du 5 janvier 2013 signale que les terminaux de paiement par carte de crédit dans l'Etat du Vatican viennent d'être désactivés et que la Banque d'Italie interdit le Vatican de carte de crédit. Motif invoqué par la filiale de la Deutsche Bank qui gère le terminal de paiements par carte de ce mini-Etat: insuffisance en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.

Jésus, prends ton fouet et reviens, les "changeurs" se sont installés dans les caves de ta propre maison et l'ont transformée en une "caverne de voleurs"!

 

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