Notre dame la grande

Poitiers ville d'art

Histoire[modifier]

Clocher en écaille

Deux temples païens sont construits sur le site de l'église, et devaient appartenir à un forum. Le quartier était fortement occupé à l'époque romaine. Les vestiges antiques d'une construction en pierres rectangulaires et en briques sont repérables sur le mur gouttereau nord de l'actuelle église.
L'église est mentionnée dès le xe siècle sous le vocable de Sancta Maria Major référence à l'église romaine du même vocable, Sainte-Marie-Majeure.
Possédant un double statut, collégiale et paroissiale, elle fait partie du domaine de l'évêque de Poitiers. Sa position jouxte le Palais des Comtes de Poitou-Ducs d'Aquitaine (actuel palais de justice de Poitiers), n'est certainement pas innocente du point de vue politique, les évêques de Poitiers étant barons du Poitou.
L'ensemble de l'édifice est reconstruit dans la seconde moitié du xie siècle, en pleine période romane, et consacré en 1086par le futur pape Urbain II.

Architecture[modifier]

Le plan de l'église se compose d'une nef centrale avec des collatéraux très élevés selon un schéma fréquent dans l'architecture romane poitevine. De l'intérieur on a l'effet d'une église-halle à un seul niveau d'élévation. La voûte en berceau a une silhouette légèrement aplatie, alors que les collatéraux sont couverts d'une voûte d'arêtes.

Extérieur[modifier]

À l'extérieur, les collatéraux étaient couverts d'une terrasse plate, la toiture étant réservée à la nef : ainsi on avait l'effet d'une élévation basilicale à deux niveaux. Cette silhouette disparut avec les remaniements gothiques. Un déambulatoire avecchapelles rayonnantes se développe autour du chœur qui a conservé une partie de ses peintures murales. Une crypte duxie siècle, creusée a posteriori sous le chœur, conserve également des fresques d'époque. Le plan ne présente pas de transept, certainement par souci de place : des édifices se trouvaient au nord, et la rue principale passe au sud. C'est peut-être aussi pour cela que le chœur est légèrement désaxé par rapport à la nefe. Le portail roman est conservé en partie au sud. Amputé de son étage, on y trouvait avant la Révolution, une statue équestre représentant Constantin. Cette statue était la réplique d'une autre plus ancienne détruite par les huguenots en 1562. On ignore si l'identité du premier cavalier était la même. Derrière cette statue à l'étage est mentionnée au Moyen Âge une petite chapelle dédiée à sainte Catherine. Le clocher date du xie siècle. Il était à l'origine beaucoup plus marqué : le premier niveau est aujourd'hui dissimulé par les toitures. Situé à l'emplacement de la croisée, il présente une base carrée puis un niveau circulaire surmonté d'un toit en écailles. Ce type de toiture, fréquent dans le sud-ouest, fut souvent copié par les architectes du xixe siècle, notamment Paul Abadie à Angoulême, Périgueux et Bordeaux.280px-poitiers-a-glise-notre-dame-la-grande-pm-31759.jpg

Durant le deuxième quart du XIIe siècle, l'ancien clocher-porche qui se trouvait en façade fut rasé et l'église fut agrandie de deux travéesvers l'ouest. Au sud, la tourelle d'escalier marque l'emplacement de cet agrandissement. C'est à cette époque que l'on édifia la célèbrefaçade-écran.

Au nord, se trouvait un cloître du xiie siècle. Il fut rasé en 1857 pour la construction des halles métalliques. Il reste la porte (murée). Trois arcs soutenus par des colonnes dédoublées avec des chapiteaux à feuillage ont été remontés dans la cour de l'université de droit en face, de même qu'un pilier d'angle.

Des chapelles privées furent ajoutés au bâti roman durant les xve et xvie siècles. De style gothique flamboyant ou Renaissance, elles appartenaient aux familles bourgeoises de la ville, devenue marchande durant la fin du Moyen Âge. La plus grande fut construite au sud par Yvon du Fou, grand sénéchal du Poitou au xve siècle. On y trouvait sa tombe avant la Révolution.

Intérieur[modifier]

Vestiges de peintures romanes[modifier]

Des fresques romanes ne subsistent que celles du cul-de-four au-dessus du chœur et de la crypte. Au-dessus du chœur, on distingue encore une représentation peu fréquente de l'apocalypse : la Vierge à l'Enfant est représentée dans une mandorle, le Christ est en majesté sur la voûte, entre un cercle et un carré, puis l'Agneau Mystique est représenté dans un cercle. Tout autour, sous des arcatures, les 12 apôtres sont représentés assis, comme sur la façade. Les historiens de l'art pensent aujourd'hui que cette peinture a servi de modèle pour les sculptures de la façade, les attitudes et la composition étant identiques. Dans les angles, des anges accompagnent les âmes au paradis. Dans la crypte, les fresques représentent des saints anonymes. Quelques traces de représentations d'animaux apparaissent sous les enduits dans le collatéral nord.

Campagne de peinture du XIXe siècle[modifier]

L'ensemble de l'église fut restauré par Joly-Leterme en 1851. Ce dernier fit repeindre les colonnes et les voûtes avec des motifs romano-byzantins, partant d'un principe courant chez les restaurateurs du XIXe siècle, celui de l'influence des croisades sur l'art roman. Fantaisistes et un peu lourdes, ces peintures furent critiquées dès l'époque. L'écrivain Joris-Karl Huysmans les traita de « tatouages ». Elles sont, malgré cela, plus proches des habitudes de l'époque romane que les murs bruts sans enduit. Dans les années 1930 les colonnes du chœur furent ainsi décapées selon le goût du XXe siècle pour la sobriété. D'autres peintures néo-romanes et néo-gothiques ornent les chapelles. C'est d'ailleurs lors de cette campagne de peinture qu'on découvrit les vestiges peints romans. Peintes à l'huile sur enduit, elles se sont très vite dégradées.

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Date de dernière mise à jour : 21/08/2013

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