Le débarquement de la jeunesse du monde

la planète est une arène livrée à tous les regards.

Le débarquement de la jeunesse du monde 

 

Afin de tenter de conquérir d'emblée un regard plongeant sur la nature et les promesses du "printemps arabe", il faut s'exercer à une prise de conscience de ce que le cœur battant de cette nouvelle aventure mondiale de la démocratie n'est autre que l'irréversibilité de son déroulement: il s'agit du basculement dans l'histoire vivante d'une masse musulmane hier encore aphone et aveugle, il s'agit de la naissance d'une jeunesse soudainement arrachée aux rites de l'islam traditionnel, il s'agit d'une génération de l'ubiquité du politique, il s'agit du débarquement des encéphales branchés sur internet, greffés sur le téléphone portable et connectés à l'image télévisuelle à l'échelle de la planète. Cet événement est tellement tellurique qu'il a aussitôt fait retentir tout entière la machine giratoire que nous habitons: Moscou et Pékin ont immédiatement pris leur place aux côtés de Washington, de Londres et de Paris dans cette polyphonie encore mal orchestrée. Le globe terrestre est devenu le théâtre de l'islam en ébullition autour d'une Méditerranée que, du temps de notre souveraineté, nous appelions "notre mer".

Pour la première fois dans l'histoire du genre humain, la planète est une arène livrée à tous les regards. Les acteurs de la mappemonde évoluent sous les yeux d'une espèce devenue à elle-même une genèse. C'est dire que les péripéties les plus cruelles de cette aventure ne seront jamais que des incidents de parcours. C'est un grand avantage, pour une révolution juvénile, de se dérouler sur le tapis d'un temps cabossé par la fatalité. Le drame ou la comédie compteront des actes par dizaines, parce que les récitants se raconteront un destin sur lequel le rideau ne tombera plus jamais - celui où l'anecdotique lui-même courra dans le sillage d'un coursier aux naseaux de feu. On n'arrête pas l'attelage dont les chevaux trouent le temps des vivants et des morts.

Kadhafi résiste ? Qu'importe, ses heures sont comptées sur le boulier de Chronos. Des nababs dans la pourpre s'étonnent de l'assaut des fourmis grouillantes autour de leurs sceptres ? Qu'est-ce que cela si cette dramaturgie se donne les sables du désert, l'étendue des eaux et la danse des jours et des nuits pour témoins!

Nous sommes entrés dans une épopée où des millions de spectateurs escaladeront des monticules afin d'oublier la stratégie qui la dirige. On écoutera des pleurs, on déplorera des trépassés, mais l'histoire est une canonnade depuis que Zeus a fait parler sa foudre dans Homère. Il y a belle lurette que nos trois dieux uniques rivalisent en vain avec le poète qui a réduit leurs flèches à une maigre artillerie.


Commentaires (1)

1. luz1 16/09/2013

j'ai beaucoup de mal, chanicol, à tout lire, à tout comprendre, mais je m'y efforcerai.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×