sculpture

Isaac de l'étoile

Vieille institution de Poitiers, le lycée privé des Feuillants a fusionné avec une structure existante, le collège St Stanislas, pour devenir l’établissement Isaac de l’étoile

1854

ouverture du Collège jésuite Saint-Vincent-de-Paul qui deviendra le Collège Saint-Joseph en 1864 puis le Lycée Les Feuillants en 1980

2005

fusion des OGEC Saint-Stanislas, Les Feuillants, Le Porteau ; les 3 établissements sont gérés par un seul organisme de gestion, l’OGEC Poitiers Nord

2007

Mgr Albert Rouet, archevêque de Poitiers, valide le nom du nouvel établissement Isaac de l’Etoile

5 décembre 2008

pose de la 1ère pierre de l’ensemble scolaire Isaac de l’Etoile, cette pierre provenant des Feuillants.

2 septembre 2010

1ère rentrée scolaire de l’ensemble scolaire Isaac de l’Etoile

20 janvier 2011

inauguration de l’ensemble scolaire Isaac de l’Etoil

Isaac de l’Etoile

Moine cistercien (XII ème siècle)

Isaac naquit en Angleterre. Condisciple de Thomas Becket et de Jean Bellesmain, il entra à l’abbaye de l’ Etoile en Poitou, qui allait être affiliée à Pontigny. Critiqué pour sa théologie jugée trop spéculative, mais aussi défenseur de Thomas Becket dans son conflit avec Henri II Plantagenêt, il s’attira les représailles du prince et dut s’exiler dans l’île de Ré, à l’abbaye Notre-Dame des Châteliers

Après cette rétrospective, vous vous demandez le pourquoi de cette histoire dans mon blog sur( l&a sculpture.

Fin décembre 2010, le lycée me contacte souhaitant réaliser dans la pierre les armes d’Isacc de l’étoile, cet ouvrage constituant “la dernière pierre” tout comme il y avait eu une première pierre vestige des Feuillants.

Dans le même esprit, une pierre provenant de l’abbaye de l’étoile, sise à Archigny.

Les armes de la famille de l’étoile figiurant sur la façade


A partir d’une pierre récupérée sur le site, un élément récupéré dans les ruines, sert de support/

Le 20 janvier 2011 cette sculpture a été solennellement posée par Mgr Rouet Archevêque de Poitiers.

 

Aliénor d'Aquitaine


En 2007, je reçois un courriel émanant d’un élève du Lycée Aliénor d’aquitaine, me sollicitant pour réaliser une sculpture, dans le cadre de leur semaine culturelle,son projet étant de voir l’évolution d’une sculpture depuis le matériau brut jusqu’à l’oeuvre réalisée.

Après contact pour en savoir un peu plus, il m’avoue n’avoir aucune idée sur le projet “sculpture” son souhait résidant dans la présence d’un sculpteur réalisant une oeuvre dans l'enceinte du Lycée devant les élèves.

Je rentre en contact avec l’administration du Lycée qui me demande de leur faire une proposition de sculpture prenant en compte la spécificité du lycée et de sa référence à Aliénor d’Aquitaine

Après étude voici ma proposition:

A la base, un socle symbolisant l’établissement. Sa forme arrondie vient concrétiser l’esprit d’équipe. Equipe éducative bien sur, mais aussi l’équipe que représente tous les acteurs que sont les élèves, les personnels administratifs, les personnels assurant la maintenance.

Présenté soutenu par 2 mains stylisées, le livre symbole de la connaissance, symbole aussi de la transmission du savoir. Ce livre est ouvert pour bien marquer que c’est une transmission de savoir en action, une transmission à livre ouvert.

Le lycée a choisi pour marraine Aliénor d’Aquitaine, grande dame qui a marqué l’histoire de France et d’Angleterre. Pour bien marquer cette filiation, la couronne style médiévale rappelle l’origine et l’époque. Enfin pour magnifier ce symbole, en le transformant en diadème, faire le lien avec notre ére contemporaine,le sigle du lycée ces 2 A,  aux lignes élancées qui personnalisent l'établissement.

Après accord sur l’idée du projet et son dimensionnement, j’établis un devis de matériau:

Projet sculpture, semaine culturelle du 2 au 6 avril 2007.

Réalisation sur place de la sculpture ci jointe :

Pierre blanche des Lourdines :

A 40x40x50 =  80 litres

Socle 50x50x30=  75 litres

Total :             155 litres  

La densité de cette pierre étant de 2, l’ensemble brut représente 310 kg

Présentation concernant la réalisation de ce projet:

A partir de la pierre brute, l’intervenant  travaillera devant les élèves, il répondra à leurs interrogations. C’est ainsi qu’ils pourront suivre les différentes phases :

Etapes et différentes phases abordées :

Approche du matériau, étude de sa structure, de son origine, de ses caractéristiques.

                                                                                                                                                                     .Approche du matériau, étude de sa                      L'outillage et son utilisation.                                                                                                                       

• Du tracé à l'ébauche, jusqu’à la finition, les différentes phases de la taille.

Je m'attendais à ce que mon intervention dans la cour de récréation du lycée, suscite un certain intérêt, n'était ce pas là le but de mon interventioin?

alienor-3.jpgDans la plus grande indifférence, j'installe mon chantier et commence mon ébauche.

Je suis resté  toute la semaine à travailler sans que personne ne me pose une question, sans que ce jeune étudiant qui m'avait sollicité ne se manifeste.

Alors que j'étais disponible pour expliquer la démarche, montrer les outils et la manière de s'en servir, rien !

Aucune curiosité de la part des élèves ni des profs, à croire que je faisais partie du paysage !

J'ai donc terminé cette oeuvre déçu de cette attitude, au point de ne pas la terminer, le liaisonnement entre le livre et la couronne aurait du être vide, j'ensuios resté à l'ébauche présentée par les trous.

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Une sculpture contemporaine

En 2002, Mr Piquemale, Directeur de la société d’équipement du Poitou,nous sollicite pour réaliser une sculpture qui serait exposée dans leur hall d’entrée. Lors de notre entretien, il me fait part de ses souhaits <<Une oeuvre contemporaine, symbolisant l’accord, dans un esprit de partenariat et faisant état de l’esprit d’équipe>>
Partant de ce postulat, j’imagine 2 personnages se serrant la main, l’esprit de partenariat étant renforcé par l’attitude d’un des deux mettant la main sur l’épaule de l’autre. Pour répondre au souhait de l’esprit d’équipe, le socle sur lequel repose les personnages, représentant l’entreprise SEP.
Pour bien expliquer la démarche, je réalise une petite maquette en siporex, et  suite à l’accord du Directeur, nous nous mettons au travail. Un bloc de pierre des Lourdines de 2 m x 0.5x0.5, soit un ½ m3 c’est à dire 1000 kg.
L’ébauche, 1ère phase du projet, consiste à réaliser une forme qui ressemble dans un premier temps à un bouchon de champagne, dans lequel on ressortira les 2 personnages.
cette  phase se fait la pierre couchée sur des supportsbouchon-champagne-2.jpg
cn2002-1026aa.jpgElle est ensuite redressée pour passer à la phase suivante : ressortir les personnages de la matière.

Avec la tronçoneuse on "dégrossi" pour approcher de la forme, puis à la massette et aux ciseaux, on affine pour petit à petit obtenir l'effet esconté, puis la phase finit(ion au papier de verre.

Cette sculpture, trône aujourd'hui dans le hall d'accueil de" l'entreprise" accueillant les visiteurs à la sortie de l'ascenseur.sculpture.jpg

 

La porte de l'Auxance

Histoire d’une sculpture monumentale

par Ch Nicol, fondateur des Compagnons des Lourdines

Tout a commencé en novembre 1999, alors que je m’entretenais avec Didier Moreau, qui était alors le maire de Migné. Beaucoup de villes et villages souhaitaient donner une importance à l’événement que constituait le passage du 2ème au 3ème millénaire, d’où l’idée d’un ouvrage marquant l’entrée de la commune.  Le symbole de la porte venait tout de suite à l’esprit et c’est ce thème qui nous a inspiré dans notre démarche. Réfléchissant ensuite dans la tranquillité de mon bureau, je laissais mon crayon courir sur le papier. Tout de suite, il m’est venu à l’idée que, plutôt qu’une simple porte symbolisant ce changement de millénaire, il était intéressant de délivrer un message sur ce qui était le fondement de notre association et du patrimoine de la commune : la pierre des Lourdines. S’agissant de matérialiser une œuvre valorisant la commune, son blason devait aussi figurer, d’autant plus qu’à l’époque, une parfaite osmose régnait entre les deux parties participantes à ce projet. La municipalité, consciente de la richesse patrimoniale que constituait le site des Lourdines , s’impliquait totalement dans notre démarche et prévoyait de nous aider à monter nos projets : Maison de la pierre, aménagement d’une carrière accessible au public, participation à « La route de la pierre ».

Au fur et à mesure que se dessinaient les éléments constituant cette sculpture, les formes se précisaient : La porte romane en son centre, accolée de la petite porte piétonne,( importante en Poitou-Charente) ; les messages mettant en avant les spécificités de la commune : Auxance, sa rivière et sa pierre. Restait à rendre l’ensemble harmonieux, d’où l’idée du grand oiseau prenant son envol (ou atterrissant….. c’est selon !) pour donner au faîtage du mur, une forme liant l’ensemble. Le croquis réalisé, restait à le formater, à le mettre à l’échelle. Ce fut l’œuvre de Marcel Bodin qui, après avoir passé sa vie professionnelle à « appareiller » des ouvrages de toutes sortes, se passionnait pour l’aquarelle.slide0001-image002.jpg

                                                                                                 12 mètres de long, 4m50 au point haut.

Sa maquette d’un très bel effet, finissait de séduire l’investisseur, en l’occurrence la municipalité.

A propos d’investissement, il fallait maintenant le chiffrer. Marcel, à nouveau mis à contribution, réalisait le plan au 50ème, établissait le « calpinage » permettant de solliciter le fournisseur de pierre pour obtenir un prix quantitatif.

La matière première, ne pouvant en réalité sortir que de la seule carrière en exploitation, les belles roches, la société France pierre était contactée.slide0005-image005.jpg

Entrée de la carrière des "Belles roches"


 A partir du calpinage de Marcel, il s’agissait de chiffrer le façonnage de blocs de pierre sciés 6 faces. A notre grande surprise, alors que cet ouvrage est quelque part une promotion pour cette belle pierre, leur bureau d’étude nous sortait un prix prohibitif équivalant à 4647,60 f le m3 ht.

Contactée, la carrière de Vayolles à Bertegon, proposait les mêmes prestations à 3149,37 le m3 ht.

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Débitage du bloc à la scie (2m de diamètre)





De la même façon, l’entreprise mignanxoise, dont le siège est à proximité immédiat du site sur lequel est érigé l’ouvrage, estimait sa prestation consistant à réaliser une semelle en béton et le maçonnage des pierres à 108 000 f ht. Gérard Champion de Vendeuvre le réalisera pour 62 498 f ht.

Présenté au conseil, le projet était accepté et inscrit au budget pour 130 000 f.
Ces questions de gros sous mises à part, les Compagnons mobilisés sur le projet, montraient beaucoup d’enthousiasme pour y participer. Je les sentais malgré tout un peu inquiet quand au passage à l’acte. Quand nous en discutions, je sentais des grands points d’interrogation sur la manière de procéder

.<<Un ouvrage aussi important, serons nous capables de le réaliser ? Comment allons nous organiser ce chantier ?>>

<< Jusque là nous nous étions contenté de réaliser des petits ouvrages, un tel projet n’est il pas trop important pour notre équipe ? Ne sommes nous pas présomptueux en nous engageant dans une telle aventure?>>

Entre temps, les élections avaient totalement changé la donne et nous passions d’une équipe partie prenante du projet, décidée à nous faciliter la tâche en assurant la logistique : lieu du chantier, manutention, coordination, aide des services techniques, à une nouvelle équipe donnant l’impression de subir le choix des prédécesseurs. Le seul critère qu’ils veulent prendre en compte : ça va coûter 110 000 f ! Considérant d’une manière totalement arbitraire et mesquine que cet investissement  bénéficiait à l’association. De leur point de vue, cet ouvrage n’est pas l’aboutissement d’un savoir faire, qui pourrait se traduire par le mur des « Compagnons »,  mais est devenu pour eux le mur des lamentations.  Faisant abstraction du travail réalisé par les bénévoles participants ( 800 heures x 200fr = 160 kf qui, rapproché des 110 kf investit par la commune est sans commune mesure), ne voulant pas prendre en considération que les premiers bénéficiaires de cette sculpture sont forcément les élus, du fait de l’image de marque que nous leur apportons sur un plateau, par la transformation de la matière brute mise à notre disposition, en une œuvre d’art, d’autant plus que nulle part sur l’ouvrage ne figure notre nom .   Excusez ma réaction, mais je trouve cette attitude révoltante, et même insultante à notre égard !

Malgré ce peu d’enthousiasme marqué par nos édiles, le chantier a pu se dérouler dans de bonnes conditions. Nous avons dans un premier temps trouvé un lieu pour nous héberger, nous et ce stock impressionnant constitué par les 300 blocs de pierre répartis sur 18 palettes, représentant 10 m3 de matière première, soit 20 tonnes. Un grand merci à Joël Abonneau qui nous a si bien accueillis dans son hangar.mur-0003.jpg

Les pierres stockées chez Joël Abonneau


Chers compagnons, je me rappelle de votre attitude lorsque vous avez découvert l’ampleur de la tâche !

Vos grands yeux interrogateurs, votre appréhension devant cette masse de pierres.

<<Mais combien de temps nous faudra t’il pour venir à bout de ce « tas de pierre » ? >>

Marcel Bodin, le chef d’orchestre, a tout de suite affiché les règles du jeux. Un panneau pour recevoir le plan et les feuilles de calpinage, permettant à chacun de repérer, à partir de son numéro, la localisation de chaque pierre dans l’ouvrage.

Avec Jean Bobin, nous avons en premier lieu, établi un « chantier » constitué de madriers pour asseoir la base du blason. Manipuler des blocs dépassant les 100 kg, les ajuster sur ce chantier, ne fut pas chose aisée. Les blocs sciés 6 faces, n’étant pas prévus pour être travaillés, me semblaient, suffisamment propre pour ne pas nécessiter notre intervention. Marcel, interrogé sur le sujet, nous persuada vite du besoin de les « layer » si nous voulions réaliser un ouvrage digne de ce nom. 20 tonnes à manipuler (2 ou 3 fois) pierre par pierre.


Le layage : Les prendre sur la palette, les porter sur le poste de travail, tracer le sens de layage, le réaliser, les remettre sur une palette en respectant l’ordre du numérotage.

« Nos » femmes compagnons, ont assuré en grande partie ce travail, et appris de ce fait à manier l’outil à layer.

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Femmes au "layage"







Le blason : Bernard, Michel, Jean se sont tout de suite sentis des affinités avec les armes de Migné. Le tracé, à partir d’un document municipal à l’échelle très réduite, n’a pas posé trop de difficultés. Par contre, au cours de l’exécution, se sont posés les problèmes du relief à donner aux différentes parties du blason. Composé de plusieurs pierres, les joints ne tombaient pas forcément au bon endroit. Disposé à 50 cm du sol, le travail à ce niveau devient vite pénible pour les reins ….. Christophe est ensuite intervenu, se sentant une bonne disposition pour sculpter les feuilles de fougère, ce qui n’est pas étonnant pour lui qui est jardinier.L’équipe étant composée de perfectionnistes, les détails furent revus et corrigés plusieurs fois.

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Ebauche du blason


Les textes : Le choix du graphisme a été fait arbitrairement par moi. Considérant qu’il fallait marquer la différence entre les deux textes, Pierre des Lourdines a été réalisé dans une police contemporaine, alors que pour Porte de l’Auxance, mon choix s’est porté sur un classique aux formes arrondies.

Un graphisme contemporain

pie.jpgAvec un relief de 4 cm, chaque lettre a nécessité un travail de « défonçage » pour sortir sa forme de la masse. Cette partie du travail, se rapprochant de ce que nous faisons habituellement en atelier, un grand nombre de compagnons ont réalisé les lettres.



Les voussoirs : Ne bénéficiant pas d’espace suffisamment large et plan pour dessiner grandeur nature les arcs et ensuite la ligne du couronnement, Marcel a du réaliser les panneaux (gabarits) sur une feuille de contre plaqué, en décomposant les détails. Muni de ces précieux gabarits, la réalisation des éléments des voûtes, n’a pas posé de problème majeurs.dscf0006.jpg

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Marcel Bodin prépare le tracé des voussoirs


Imposte

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Le couronnement : Chaque pierre composant le faîtage du mur, était différente, du fait de son tracé. Les gabarits de Marcel, posés sur la pierre à travailler, donnaient des profils étranges. C’est le moment qu’a choisi André pour venir nous rejoindre. Tailleurs de pierre de père en fils dans sa famille, son intervention (même tardive) a été précieuse, nous a apporté un autre éclairage sur la taille de pierre. Je me souviens des airs ébahis quand, à l’aide de la « chasse», il faisait éclater la pierre sur une surface impressionnante. L’association peut se féliciter de cette recrue qui va lui apporter beaucoup pour les années à venir. De même, l’utilisation du « taillant » qui, manié de main de maître, permet d’avancer le travail.Les impostes : Ces pièces importantes dans l’esthétique des arcs des portes romanes, nécessitaient une attention particulière. C’est Laurent qui a accepté de gaieté de cœur cette tâche. Alors qu’il n’avait jamais réalisé une moulure, il s’est acquitté à la perfection de ce travail délicat.andre.jpg

Autre sujet de satisfaction, toutes ces personnes, non membres de l’association qui, spontanément sont venus s’associer à notre travail et ont participé à ce projet.

L’anxiété du départ devant l’ampleur de la tâche, a vite fait place à un engouement extraordinaire. Le chantier démarré mi juin, ne s’est jamais arrêté. Tous les mercredis et surtout samedi, une douzaine, voir quinzaine de compagnons se retrouvait sur le chantier et 4 heures durant, le joyeux tintamarre des massettes sur l’outil faisait chanter la pierre.

Un esprit d’équipe s’est instauré, chacun des participants se sentant faire partie d’un groupe engagé dans une aventure hors du commun. Pendant 6 mois ce projet a mobilisé toute notre énergie, si bien que maintenant qu’il est terminé, on se sent un peu orphelin de notre œuvre.

La municipalité tient cette œuvre pour « quantité négligeable »

Alors que notre sculpture était dévoilée au public début janvier 2001, l’inauguration se faisait attendre. Rencontrant le maire inopinément, il me dit <<Pour l’inauguration, on va faire quelque chose de très simple. Avec quelques élus, nous nous rendrons sur votre chantier chez Joël Abonneau et nous offrirons un « pot » aux compagnons. >> Tout ce que méritait ces 800 heures offertes bénévolement, c’était un pot à la sauvette ! Mais c’était faire abstraction de notre capacité à mettre en scène une inauguration digne de ce nom. Avec Didier Moreau, notre Président, nous rencontrons Xavier Caillaud, Directeur de la SACOA et Président de l’union des commerçants. Cette union s’est d’ailleurs appropriée notre sculpture en choisissant comme nom « Porte de l’Auxance » et ce, sans même nous avoir demandé l’autorisation. Avec Xavier Caillaud, nous programmons une manifestation qui regroupe les associations de Migné et les élus. Le 20 avril 2001, plus de 300 personnes se pressaient dans le hall de la Sacoa. Alain Claes député, Maurice Monange pour la CAP, et les élus mignanxois. Le groupe de sax-trompettes « Auxband » de Benoît Millet et la chorale « Le chœur de l’Auxance » comme animation, ce fut un succès sur tous les plans. Seul le maire faisait un peu grise mine de voir son « pot » en catimini, se transformer en un show médiatique qu’il aurait été incapable de mettre sur pied.

Autre exemple de mauvaise volonté :

Lors de la réception des allemands de Bann, ville jumelle de Migné, à la Comberie, dans son allocation, le maire a dit : <<Depuis votre dernière visite, vous avez pu constater les transformations de la commune : Les plaques originales des noms des rues et, les fresques de Marie Baranger dans notre église (elles ont été réalisées il y a un siècle). Pas un mot sur notre sculpture, pour le maire elle ne fait pas partie du paysage.

Elle fait d’ailleurs si peu partie du paysage que tout un chacun peut voir que depuis 5 ans qu’elle est érigée sur ce rond point, aucune plantation, aucun fleurissement, aucune mise en valeur par quelques projecteurs, bref un tas de cailloux qui ne mérite pas qu’on s’y attache !

Mais mes amis, cette réalisation peut être considérée à juste titre par chacun de nous, comme un chef d’œuvre. Elle se dresse maintenant fièrement sur ce site stratégique, interpellant tous ceux qui empruntent cet échangeur. Chacun de nous scrutera l’ensemble et distinguera « ses pierres » celles qu’avec amour il aura façonné.dscf0003.jpg

Notre savoir faire étant tangible, notre sculpture monumentale servant de référence, nous serons appelés à d’autres défis que nous relèverons avec fierté.

A défaut de quelque lettre que ce soit du principal bénéficiaire de l’ouvrage, la municipalité de Migné, voici ce qu’écrivait une habitante de Poitiers :charles-et-christophe.jpg

Ci-dessous, la lettre de Mme Varenne :

<< Poitiers le 5 février 2002

Mme Monique Varenne

86000 Poitiers

Messieurs

Voici une très heureuse initiative et une réalisation non moins admirable. Nos ancêtres, qui ont vécu sur cette terre mignanxoise et ont, pour certains, souffert dans les carrières des Lourdines, reçoivent là un hommage, leur vie même en est digne.  Sans oublier les femmes qui ont perdu la vie aux Lourdines.

Harmonie des formes, choix du décor, élégance de cet ouvrage, ravissent l’œil.

Dans un monde où la beauté a parfois perdu ses lettres de noblesse, il est réconfortant de se dire qu’un témoin du courage et du bon goût sera légué aux générations futures.

Merci et félicitations Messieurs.


La sculpture une passion

Un concept original d’initiation au travail de la pierre

Tailler dans la pierre, des plans lumineux et des plans d'ombre, d'où surgira une forme déjà pensée en esprit, c'est faire œuvre de sculpteur.

De ce passage de la pensée à la forme, du trait à l'expression plastique, intervient la pratique.

Condition première : être motivéfusion-1.jpg

Tailler la pierre, ou la matière en général, ne doit pas être considéré que sous l'angle de l'habileté manuelle. Faire de ses mains la prolongation de la pensée et de l'intelligence, dominer et respecter la matière en vue de la concrétisation d'une œuvre  que l'on a imaginé, tel est le but. Chaque coup d'outil, appelant une réponse de cette matière, fait naître le dialogue, l'accord, l'intimité de la main et de l’esprit. L'habileté, cette aisance dans l'expression manuelle, n'a de valeur qu'au service de la pensée.

 Cette pensée doit se nourrir par l'image et par le texte, en respectant les étapes : Travail d'analyse, compréhension de l'œuvre dans ses trois dimensions (, réalisation d’une maquette à échelle réduite), vertu du dessin qui seul, permet l'étude en profondeur.

Seule l’assiduité à la pratique, permet à l'esprit de s'ouvrir à l'intelligence des formes, laissant au sculpteur la possibilité de trouver dans la matière, des effets heureux propres à une œuvre  personnelle.

Chaque matière a ses possibilités d'expression, d'où la nécessité de bien la choisir en fonction du résultat escompté.

De tout temps, le travail de la pierre, mis en œuvre par des professionnels jaloux de leur savoir faire, ne s'ouvrait qu'à des initiés. Considérée comme une matière difficile à "travailler" d'un prix exorbitant, il ne viendrait à l'idée de personne de I'intégrer dans les matériaux dont le néophyte pourrait tirer une "œuvre"

Eh bien, c'est bien là la gageure que nous proposons de relever.

En tout premier lieu il faut une pierre qui se prête à cette expérience, une pierre calcaire facile à travailler, tout en ayant les qualités que l'on attend d’elle, durabilité solidité. Celle que nous vous proposons a servi à construire les églises et monuments dans la région de Poitiers, certains châteaux de la Loire, elle est exportée dans le monde entier.

Ensuite il faut les conseils avisés d'un professionnel sachant se mettre à la portée de l'amateur néophyte, en décomposant tous les stades d'exécution, en fournissant, plans, gabarits et explications détaillées au fur et à mesure de l'avancement du travail. (tout au moins dans la phase initiatique)pict1840.jpg

Sculpter la pierre, exige une habileté manuelle, qui s'acquière par la pratique. C'est donc ce mécanisme de la main qu'il s'agît de développer, en prenant contact avec la matière, par une progression méthodique dans l'utilisation de l'outillage. L'outil, sa forme, son poids, son appréhension, sont autant d'éléments qui comptent dans la réalisation de l'ouvrage. Aussi, comme nous vous l'avons conseillé, est il important de vous constituer une "caisse à outils", lesquels devenant vos complices, bien en main, sauront répondre à votre attente.

La pratique en groupe, dans le cadre d’une activité de loisir, nous la voulons conviviale. Elle doit provoquer chez les « Compagnons » un esprit d’équipe, une fraternité concrétisée dans le plaisir à se retrouver pour participer ensemble à une œuvre commune

Après la fresque médiévale : une fontaine

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Année scolaire 2003/2004

Cet article fait suite à celui intitulé « Taille de pierre au collège ».

Fort de cette première expérience, Mme Anglument, professeur d’art plastique, me fait part de son intention de renouveler cette expérience et, cette fois de réaliser une fontaine monumentale, qui servirait à la fois de décor, mais aussi de point d’eau pour le jardin médiéval. Ce jardin dessiné et mis en chantier par une autre classe, s’étale le long de la Dive, au pied du réfectoire des moines de l’abbaye de Valence.atelier-10-24-01.jpg

Après cogitation, le projet se définit ainsi : Largeur 2 m Hauteur 2m avec un bassin de rétention d’eau. 

Soucieux de s’ancrer dans l’esprit du lieux et de son authenticité, pour sa forme, on prendra comme modèle un encadrement de porte existante dans l’ancienne hostellerie et pour motif central, celui d’une clef de voûte de l’ancienne église abbatiale. Considérant que les élèves ayant participé à « la fresque » ont déjà une expérience en la matière et, souhaitant que les élèves qui s’inscrivent dans le projet fassent une démarche volontariste, Mme Anglument le présente aux élèves ayant participé à la réalisation de la fresque en 2002 et demande qui souhaite participer. Surprise, l’équipe sera composée de 13 filles et d’un garçon. En fonction du nombre de participants, je réalise le calpinage des pierres, en divisant l’ensemble par 14, chacun devant réaliser un 14ème de l’ouvrage. Compte tenu du plan projeté, certaines pierres brutes dépasseront les 100 Kgs.

Comme l’année d’avant, nous utilisons le même local et grâce à la bonne volonté de Mr Collas, père d’une élève et de son engin de levage, le chantier est approvisionné par les agents des services techniques de la communauté de commune de Couhé.

Après numérotage des pierres, traçage à partir d’un gabarit à l’échelle 1, délimitation du « trait de profondeur » qui donnera l’épaisseur du relief, les élèves se mettent à atelier-fontaine-1jpg.jpgl’œuvre.

Le chantier démarre en Novembre à raison de 2h un vendredi sur 2. 12 séances seront nécessaires pour la réalisation. Fort de leur expérience précédente, l’atelier se déroule dans de bonnes conditions, dans le tintamarre des massettes sur les ciseaux, les éclats de pierre volent et jonchent le plancher.

Au fil des séances les pierres brutes prennent forme en suivant le tracé du plan. Puis vient la phase « sculpture » plus délicate, demandant de l’attention et de la minutie. Le groupe prend conscience de sa participation à une œuvre collective, chacun étant acteur d’un projetambitieux, chacun se sentant responsable, par son travail, de la qualité de l’ensemble.

Une des élèves me dira << Quand je serais grand-mère, j’amènerais mes petits enfants voir notre fontaine>>. Tout se déroule dans une ambiance excellente, certains professeurs venant prêter main forte à l’équipe.

Au mois de juin, chacun ayant terminé « sa pierre », quelle surprise de voir l’ensemble réuni ! Quelle fierté dans le regard des gosses !

Restait à monter l’ouvrage sur le site, André et moi-même nous attellerons à la tâche après que les atelier-fontaine-3jpg.jpgservices techniques de la communauté de commune eussent réalisés la dalle de béton.

Aujourd’hui, bien dans l’axe de l’allée centrale du jardin médiéval, se dresse cet ouvrage signé par 14 jeunes, inscris en 4ème, ne sont pas prêt d’oublier cette année scolaire 2003-2004.

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u cours de cette nouvelle année 2004-2005, la même classe qui a accédé à la 3ème, a réalisé un cadran solaire 

L'âge de pierre au collège André Brouillet de Couhé

V

Initiation à la sculpture

L’âge de pierre au collège A Brouillet de Couhé.

Année 2002
Le collège A.Brouillet, fait partie de ces établissements privilégiés, où l’ensemble des enseignants se mobilisent pour mener à bien, un projet pédagogique. La communauté de commune ayant fait récemment l’acquisition de l’ancienne Abbaye de « Valence », haut lieu de l’histoire de Couhé, le projet d’école s‘est orienté vers l’historique de ce patrimoine culturel. Tous les professeurs ont orienté leurs cours en fonction de cet objectif. Le professeur d’art plastique, Mme Anglument, est allé plus loin dans la démarche, en proposant d’inscrire dans la pierre, une fresque enracinée dans l’époque du moyen âge. Mais la pierre n’est pas un matériaux si facile à aborder pour des néophytes , aussi fut il fait appel à un animateur spécialisé.
Une classe de 5ème soit 26 élèves, a été sélectionnée pour vivre cette expérience, l’objectif étant que chaque participant réalise un bas relief qu’il aura dessiné au préalable, l’ensemble réuni, constituant une fresque de 15 m de long. Il fallait, pour ce faire, trouver un espace où dresser les postes de travail, acceptant d’être immobilisé sur une période de 5 mois, à raison d’un atelier tous les 15 jours. La communauté de commune a parfaitement joué le jeux en mettant à disposition, dans l’enceinte de l’abbaye de Valence, le grenier des anciennes écuries.approvisionnement-1.jpg
C’est donc en ce lieu que, tous les 15 jours, pendant 2 heures, trente « tailleurs de pierre » se retrouvent, sous les directives de l’animateur, Charles Nicol.
30 postes de travail pour un seul animateur, c’est presque une gageure.
Hormis les 26 élèves, 2 enseignants et 2 agents de la communauté de communes, sont aussi de la partie et réalisent également leur ouvrage. Il faut voir l’animation qui règne sur le chantier : le tintement des massettes sur les ciseaux, le chant de la pierre qui réagit sous l’impact, les éclats de matière qui volent et jonchent le sol, mais aussi, les éclats de voix et de rire de ces jeunes enthousiasmés par l’expérience qu’ils vivent pleinement.
le-chantier-1.jpgChacun à son poste, le bloc de pierre de 50cm de long sur 25 de large, 20 d’épaisseur ( 60kg) posé sur un support, la massette pesante (600gr) d’une main, le ciseau de l’autre, il faut maîtriser l’outil, tenir compte des spécificité du matériau (pierre calcaire des lourdines) tirer de cette masse une forme en relief. L’occasion pour ces jeunes de se rendre compte des difficultés inhérentes au travail manuel, dans un matériau qui a attendu 170 millions d’années pour être travaillé. A partir de cette expérience, nul doute qu’ils ne regardent les détails des architectures des monuments réalisés en pierre d’un tout autre œil !atelier-2-24-01.jpg

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