auto-éco-construction

La chance sourit aux audacieux

La chance sourit aux audacieux

Olivier et Elisa vivent en HLM avec leurs 2 enfants. Ils aimeraient bien en sortir, leur rêve étant de s’installer dans un pavillon individuel avec un peu de terrain autour. Ils ont fait une recherche de maisons à vendre et ont vite déchanté au regard des prix demandés. Les moins chères de celles qui leur ont été proposées, tournent aux alentour de 200 000 €. 
Ils ont vite fait leur calcul, alors qu’ils ont tout deux un emploi, leur revenu cumulé se situe autour de 2300€ mois. N’ayant aucun apport personnel, pour réaliser leur rêve, il faut tout emprunter. Après avoir fait le tour des organismes financiers susceptibles de consentir un prêt, avec un taux à 3% (le moins cher qu’ils aient trouvé) il leur faudrait débourser 1109€ par mois pendant 20 ans, soit le salaire d’un des emprunteurs. Les organismes financiers ayant pour critère que le montant mensuel du remboursement ne doit pas excéder 30% du revenu des emprunteurs, ils sont loin du compte avec leur 50%. 
Côté maison à construire, après avoir fait le tour des « pavillonneurs » ils arrivent pratiquement au même montant quand ils ajoutent le foncier au devis du constructeur. 
C’est alors qu’ils envisagent, la mort dans l’âme, de renoncer à leur projet, qu’ils entendent parler d’une nouvelle forme participative d’accès à la propriété : L’auto construction. 

Construire sa maison soi même, c’est possible

Toit par toi, une association fraîchement créée, propose aux candidats constructeurs de se regrouper en une équipe de plusieurs autos constructeurs, acceptant un plan identique pour chaque pavillon, afin de construire leur maison eux même, sur un même lotissement. 
Justement une réunion de coordination et d’explication est programmée pour ces prochains jours. 

Le concept :

Une cinquantaine de personnes assiste à cette réunion, et après s’être présentés on rentre dans le vif du sujet. D’entrée de jeux l’animateur annonce que l’association leur propose de construire un F4 de 100 m2 habitable accoté d’un grand garage de 40m2 pour 50 000€, hors foncier. Le silence qui se fait dans la salle est impressionnant, puis les questions fusent : « Comment ? Pourquoi ? Qui ? Où ? Quand ?» 

Où :

A St Georges les Baillargeaux, petite commune de 3600 habitants située à 15km de Poitiers, dans un lotissement tout près du centre bourg, sur des terrains de 500 à 600 m2 

Comment :

Dans le prix d’une construction, la main d’œuvre représente 50% du coût, et le coût des matériaux est sensiblement réduit par le regroupement. 
C’est en réalisant ces économies que vous pouvez atteindre cet objectif, c'est-à-dire construire vous-même votre maison. Tour à tour maçon, charpentier, couvreur, menuisier, plaquiste, électricien, plombier, carreleur, vous construisez de vos mains votre rêve. Le fait de vous grouper constitue la force de l’union, et permet aussi la mutualisation des achats, bénéficiant de ce fait de tarifs avantageux. A 2 on va 3 fois plus vite, à 3, 5 fois etc.. 
Bien sur il n’est pas question de vous laisser seul dans cette aventure ! Un encadrement de tous les instants, une mise en route de chacune des phases, par des professionnels compétents, vous fera voir les bons gestes, vous initiera aux techniques propres à chacun des métiers précités. 

Les conditions :

Pour s’inscrire dans ce concept, il faut simplement apporter sa bonne volonté, se couler dans un esprit d’équipe, se plier à une « discipline » librement consentie. Sur le plan financier, il faut que vos revenus entrent dans la fourchette donnant accès au crédit à taux zéro. 
Il faut aussi se rendre disponible pour 18 mois de labeur et accepter de « sacrifier » ses temps libres en les consacrant à cette œuvre commune. Si votre conjoint ou la famille proche n’accepte pas cette contrainte, il vaut mieux renoncer. 

Nous n’avons pas de qualification dans les métiers avancés !

Ce n’est pas un problème dès l’instant où votre motivation d'atteindre l’objectif de construire votre rêve, est forte et que vous êtes prêt, pour l’atteindre, à y consacrer vos temps libres. Les techniques utilisées aujourd’hui dans le bâtiment ont bien évolué, et en particulier celle retenues dans ce projet sont à la portée des néophytes, dès l’instant où ils sont encadrés, dès l’instant où ils assimilent les démonstrations de début de phase. De plus le fait d’être en équipe, renforce la confiance que l’on a en soi. 
C’est aussi une belle aventure, un challenge avec soi même, un objectif enthousiasmant. 

Quelle est la technique utilisée ?

S’adressant à des néophytes, le projet, dans sa conception, est des plus basique. L’innovation réside dans le choix de l’ossature bois comme élément de construction, ceci afin d’allier rapidité et facilité d’exécution, tout en garantissant la durabilité d’une maison. Sa mise en œuvre par des néophytes, accompagnés par un professionnel ne pose pas de problèmes insurmontables. 

Le travail en commun :

L’esprit de solidarité préside à une telle organisation. Chacun vient avec ses expériences, ses capacités physiques ou mentales, il les met au service des autres. L’entraide de tous les instants, l’acceptation de l’autre, sont autant de qualités requises. 
Il faut perdre toute notion du chacun pour soi et, au contraire, accepter la mise en commun de son temps, de ses idées, de ses moyens, de ses relations. 
Le projet concerne plusieurs maisons ; chacune de ces maisons sera à terme à chacun des participants. Mais tout au long de l’exécution, ce sont autant de projets qui avancent au même rythme. 
Dans la phase « gros œuvre » les participants seront divisés en équipes de 4 auto constructeurs, qui réaliseront chacune les fondations d'un premier pavillon, pour ensuite faire un copié collé sur 3 autres jusqu’au dernier, soit 4 week-end consacrés à la réalisation des fondations. De même pour les dalles en béton auto lissant, sur 4 semaines, permettant au béton de réaliser sa prise. Idem pour la réalisation des ossatures et la couverture. 
En procédant de cette manière les pavillons seront ensemble hors air et hors eau. 
Ensuite dans la phase « parachèvement », pour la pose des plaques de plâtre, il pourra être constitué des équipes de 3, qui réaliseront les travaux en plafonds, cloisons de distribution, pose des pieuvres électriques, isolation. 
Viendra ensuite la phase « fluides » qui comprend la plomberie sanitaire, le chauffage, la VMC, la distribution des gaines du puit provençal pour le renouvellement de l’air, la pose de l’appareillage électrique et des raccordements au bornier. 
Enfin la phase finition, carrelages, revêtements de sols, peintures et tapisseries. 

Qu’entendez vous par l’assistance sur chantier ?

L’association « Toit par toi » s’est constituée autour de gens compétents, ayant des expériences dans différents domaines, dont celui de gérer un chantier. Les capacités requises dans les différentes phases de la construction font partie de leurs compétences et pour certains, ils sortent de la réalisation - en tant qu’autoconstructeurs - de pavillons à ossature bois. 
De plus, ils ont sélectionné des partenaires qui, spécialistes dans leurs métiers, assisteront les postulants à l’accession à la propriété, pour chacun des démarrages de phases. 
A tout instant de la construction, ils se positionnent en « hommes ressources » à qui on peut faire appel 

Que se passe t’il, parmi les autos constructeurs, si des proches proposent leurs services ?

Plus vous serez nombreux, plus vite le chantier avancera, encore que ... 
Un ami, qui vient de réaliser en autoconstruction un pavillon à Ossature bois, nous écrit : Autant l’aide de certains amis, avec qui j’ai l’habitude de bosser, qui savent ce qu’ils font etc, a été appréciable, autant j’ai perdu tout mon temps, certains jours, à expliquer, guider, dispatcher du matériel pour des gens pleins de bonnes volonté mais qui n’étaient pas « dans le bain ». En outre, j'ai reçu de temps à autres l’aide d’amis qui se prétendaient experts, n’en ont fait qu’à leur tête, et ont fait un boulot de merde qu’il a fallu défaire et refaire ! » 
L’association des autos constructeurs devra tenir compte de cet apport de main d’œuvre supplémentaire et décider de la gestion du temps consacré par les uns et les autres. Un tableau des présences permettra de constater – et maintenir – l'équilibre du temps mis à disposition du groupe par chacune des « entités ». 

Bénéficier d’une maison à ce prix très alléchant, bien ! Mais qu'en est-il du coût de son« exploitation », et de son impact environnemental ?

En choisissant le bois dans la construction, par le stockage de carbone qu’il assure, contribue significativement à la lutte contre le réchauffement climatique. L’architecte concepteur de la maison s’est fixé comme règle d’optimiser les économies d’énergie en concevant une architecture « bioclimatique » qui prend en compte ces différents aspects :
  • Favoriser les apports solaires gratuits (ou passifs) : D’où le souci de placer l’essentiel des vitrages au sud.
  • Le choix du bois comme matériau de construction, permet d’éviter les ponts thermiques ( 40% dans certaines constructions)
  • Gérer le renouvellement de l’air en utilisant la technique du puit provençal et la VMC.
  • Une isolation performante à base de matériaux naturels (fibre de bois en doublage de 120 m/m et ouate de cellulose dans les combles perdus de 240m/m)
L’objectif fixé est d’être en dessous de 45kwh/m2/an.

Dans la mesure où l’on s’inscrit, qui gère le chantier ? qui gère les démarches ?

La première démarche sera de se constituer en association d’autoconstructeur. 
Les dépôts de permis de construire se font individuellement, les dossiers étant préparés par l’architecte de l’opération. 
Les demandes de prêts, sont individuelles chacun d’entre vous négociant avec l’organisme financier de son choix, Toitpartoi vous fournissant les dossiers techniques. 
Pour ce qui est de l’organisation du chantier, l’association des auto constructeur délègue à l’association Toitpartoi la gestion du chantier. 
Un contrat de maîtrise d’ouvrage liera les 2 entités. 

Comment répondre aux « obligations » liées à l’assurance ?

Effectivement la loi du 4 janvier 1978, dite « lois Spinetta » a instauré des obligations en matière d’assurance construction, aussi bien pour le constructeur, que pour le particulier.
Pour le constructeur : il doit couvrir sa responsabilité décennale 
Pour le particulier : il doit souscrire un contrat de dommage ouvrage. 
Les sanctions pour défaut d’assurance dommages ouvrages sont identiques à celles qui sont prévues pour défaut de l’assurance responsabilité décennale, à deux particularités près : 
Les sanctions pénales ne visent pas le simple particulier construisant un logement pour l’occuper lui-même ou le faire occuper par sa proche famille. 
Le particulier est cependant passible d’une sanction indirecte le jour où il vendra sa maison, car la mention de l’existence ou de l’absence d’assurance est présente sur l’acte de vente. En cas d’absence de garantie, l’immeuble peut subir une moins value qui restera à la charge du vendeur. 
Dans notre cas particulier, l’autoconstructeur ne construit pas pour réaliser une opération immobilière, mais bien pour se loger lui et sa famille. 

Quel recours en cas de « vices cachés » ?

Il faut être sérieux. Qui dit « vices cachés » dit malfaçons masquées. Or, toute malfaçon constatée, ne pourra venir que de vous, puisque ce sera le résultat d’un acte de construction mal effectué par vous-même. Ce risque de défectuosité ne peut se produire que si vous ne suivez pas le process de construction mis en œuvre par un spécialiste, qui vous aura démontré les bons gestes, vous aura donné toutes les marches à suivre pour réaliser un bon travail. 

Et sur le le plan financier, quelles sont nos garanties ?

L’association pilote « Toitpartoi » n’intervient à aucun moment dans la gestion financière. 
Au fur et a mesure de l’avancement des travaux il sera fournit une fiche « commande matériaux » comprenant : adresse fournisseur référencé, quantité et prix unitaire. 
Les règlements des fournisseurs se feront par l’intermédiaire du trésorier que vous aurez désigné au sein de votre association d’autoconstructeurs, sous le contrôle de l’architecte d’opération. Le volet « mouvement de fonds » devra être complètement transparent, le bureau de votre association en étant le garant.

Aspect social

  • Ø L’aspect social

 « Faire et, en faisant, se faire ! »

Dépassant le seul aspect économique le concept « d’auto-éco-construction collective  accompagnée » apporte  des réponses positives à des principes de base qui ont de moins en moins cours dans notre société :

Solidarité : A condition de leur apporter un accompagnement social et technique approprié, les individus qui s’inscrivent dans l’acte d’autoconstruction, deviennent acteurs de leur insertion sociale et retrouvent une prise concrète sur leur vie quotidienne. La plus-value retirée a des dimensions multiples ; les effets produits peuvent être d’ordre économique, social, civique et culturel et, ces bénéfices sont autant individuels que collectifs. L’autoconstruction accompagnée n’est pas la solution magique  à toutes les difficultés, mais c’est un mode d’intervention possible pour les politiques publiques.

Responsabilité : En s’inscrivant dans une telle démarche, l’individu échappe à l’assistanat  qui prévaut aujourd’hui où les individus attendent tout des collectivités. Décider de sa vie, de son habitât, participer à la construction de son rêve.

Respect : De soi même d’abord en apportant la preuve de sa capacité à prendre son avenir en main, mais aussi des autres avec qui on partage des temps de travail, des temps de doutes, des temps de réussite.

Il n’y a pas de fatalité !

Pour restaurer et consolider la capacité des publics en difficulté à faire par eux même, il faut qu’ils puissent s’appuyer sur un accompagnement technique et social, ça ne s’improvise pas : Il faut mettre en œuvre des méthodes et de la rigueur.

 

 

L'aspect environnemental

  • Ø L’aspect environnemental

La démarche qui nous anime est simple : il s’agit de retrouver une architecture sensible, en rapport avec l’homme et son environnement. L’architecture bioclimatique intègre tous les paramètres naturels particuliers d’un site (dénivelé, orientation, vent dominant, végétation, vues, voisinage…) pour optimiser la construction et lui rendre ainsi sa signification.

  • La construction sera moins consommatrice d'énergie.
  • Elle sera plus agréable à vivre.

Notre démarche intègre également l'utilisation des matériaux de construction adaptés et sains. Il existe une grande quantité de matériaux disponibles pour construire, et leur diversité est une richesse. Il convient d’étudier leurs utilisations au cas par cas en fonction de :

  • leurs qualités thermiques,
  • leurs qualités acoustiques,
  • de leur apport inertique
  • et enfin de leur prix.

Une maison bioclimatique, en phase avec son environnement, utilisera tout naturellement les ressources énergétiques renouvelables qui sont à sa disposition :

  • l’énergie solaire thermique et photovoltaïque
  • l’énergie éolienne
  • la récupération des eaux de pluie
  • le bois...

 

Nous refusons ......

Nous refusons :

- Le dogme de la loi du marché des riches, dont les déséquilibres seraient miraculeusement corrigés, 
- mythe de l'Etat Providence, dont la sollicitude pourvoirait au bonheur de tous,
- foi en la société d'abondance au bout d'une longue route pavée des vertus du travail, du progrès technologique, de l'exploitation intensive des ressources naturelles, sous l'éclairage unique de la rentabilité financière,

Nous nous sentons capables d'un autre idéal et nous voulons imaginer un monde où chacun retrouve la liberté de conduire son destin et participe à l'économie de son environnement. 

Certains vivent déjà cette utopie, qui devient ainsi réalité.

Dans de tels lieux, accessibles à tous: 
- l'argent n'est pas le maître mais l'instrument,
- la valeur individuelle n'est pas confondue avec la richesse matérielle, les diplômes ou la position sociale, mais est reconnue dans la faculté d'être et de partager, 
- le travail n'est pas l'obligation de gagner sa subsistance, mais le moyen de se développer en contribuant à la vie du groupe, en harmonie avec les forces de la nature, 
- l'efficacité n'est pas le fruit amer de la compétition et de l'exclusion, mais le résultat tant de l'effacement des intérêts particuliers que de l'imagination dans la simplicité des moyens, 
- l'activité économique ne concourt pas à la prolifération des besoins, mais répond à la nécessité et à l'attente des Hommes.

Chantier test de Vendeuvre



Histoire du chantier test de Vendeuvre

Juillet 2011



Ouf ! on passe à la phase action, ce n’est pas trop tôt !

Depuis si longtemps que nous attendions ce moment, je finissais par croire que mon projet était une telle utopie, qu’il n’avait aucune chance de voir le jour. Eh bien si ! Cette fois on tient le bon bout !

Un chantier, ça s’ouvre sur un terrain. Le 13 mai 2011, Frédéric (notre coatch en ossature bois) qui devient le grand “ordonnateur” maître à bord, est présent, ainsi que Thierry, non pas en tant qu’architecte, mais représentant de l’entreprise en charge des fondations, Frédéric le terrassier, Christian et moi même.pict0568-3.jpg

Alors que le terrain nous semblait plat, il se révèle qu’il existe une différence de niveau d’environ 50 cm avec la rue de la pierre qui vire. La maison concernée par ce dénivelé, est celle de Thomas. Son implantation veut que le pignon ouest, est en limite de propriété et que, de ce fait, soit le niveau de la dalle bois sera 50 cm en dessous du niveau de la route (ce qui lui donnera un aspect quelque peu “enterré”) ou on rehausse le terrain pour être en concordance avec la rue. C’est cette solution qui est adoptée, ce qui se traduit par un muret entre les 2 propriétés de Thomas et Guillaume son voisin. Thomas dominera donc légèrement la situation.

L’étude de sol ayant révélé que le niveau des fondations sera à + ou - 120 cm, la nature du sol se révèle très sableux.

Le 2 juillet le terrassement démarre. Ce mastodonte de fer et d’acier entre en lisse. La gueule grande ouverte, il nivelle, creuse, ne laisse aucune chance aux escargots, limaces et autres vers de terre, qui peuplent  (peuplaient) ce bout de terrain.

pict0609-4.jpg




pict0703-2.jpg



     A ne pas oublier: les toilettes sèches pour le chantier

                                                  


La technique constructive choisie, est le procédé MBOC (Maison bois outil concept) et   pour la dalle qui recevra l’ossature bois, une dalle bois. Pourquoi ce choix ? C’était le moins onéreux par rapport à une dalle béton? Celle ci aurait nécessité l’intervention d’une entreprise sous traitante,pour réaliser dans les meilleures conditions, fondations, longrines, pose de poutrelles béton et hourdis, notre recherche de prix se situait aux alentours de 15000 € par maison, alors que la dalle bois (du fait qu’elle est réalisée par les auto-constructeurs) coûte en fourniture 6500€. Pour ce qui est des performances énergétiques, les puristes en la matière disent que l’un des rares défauts de l’ossature bois, est son manque d’inertie. C’est à dire que le bois a le défaut de ses qualités, il ne stocke pas la chaleur (il est même réfractaire) et, de ce fait ne peut la restituer ensuite. L’idéal est donc d’incorporer dans le système constructif à base d’ossature bois, des éléments en matériaux susceptibles d’accumuler la chaleur afin de la restituer ensuite, c’est ce qu’on appelle l’inertie. La solution passerait donc par privilégier la dalle béton, mais pour notre part, son coût pénalisait le projet.

Les yeux fixés sur un tableau de bord financier qui ne permet aucun écart, notre objectif est de réaliser une maison à haute qualité énergétique, visant le label “Effinergie”(voir la rubrique économie d’énergie) pour 100 000€  tout compris.

Sous l’impulsion de Dimitri, nos auto-constructeurs s’orientent vers des solutions complémentaires telles 

Le puits provençal (ou canadien, c’est le même sinon que les provençaux l’utilisaient afin de rafraîchir la maison lors des grandes chaleurs, alors que:les canadiens visaient surtoutà améliorer les performancves énergétiquespict0709-2.jpg

Les  tuyaux du puits canadien à enterrer. ( les canadiens visaient surtout à améliorer les performances énergétiques pendant les grands froids) voir la rubrique puits canadien. (ce sont les émigrés provençaux qui ont d’ailleurs prônés ce système au Canada.)

La tranchée, 2,50 de profondeur sur + ou - 20 mlpict0690-1.jpg

 

 

                                 Les tuyaux du puits canadien 

 

 

La récupération des eaux de pluie, est bien entendu un objectif louable, mais ne figurait pas dans nos prestations, libres ensuite aux participants d’opter pour des solutions complémentaires à leurs frais.pict0646-2.jpg


 

 

L’adoucisseur d’eau dans nos régions très calcaire, fait aussi partie de ces accessoires louables quand on fait ses calculs sur la durée des équipements ménager.

Ces travaux “complémentaires” ont un impact sur les terrassements puisqu’il faut enterrer leciternes de 5000 l pour la récupération des eaux de pluie et une tranchée de 2m de profondeur sur + ou- 20 m pour l’enfouissement des gaines du puits canadien. Il est évident que c’est le genre de travaux qu’il vaut mieux faire quand le terrassier est sur le chantier.pict0656-1.jpg

Puisqu”on en est dans les tranchées et enfouissements, les raccordements aux fluides (eau, électricité, téléphone) et évacuations (eaux usées, raccordements aux égouts) sont forcément à prévoir dans cette 1ère phase de chantier.

pict0657-1.jpg

Compte tenu du mode constructif choisi, l’adaptation au terrain (les fondations) consistent à réaliser des plots en béton (il existe maintenant une nouvelle technique “techno pieux” qui consiste à visser dans le sol des tubes d’acier jusqu’à trouver le “dur”. C’est une solution intéressante, mais à 350€ le pieux ça dépassait nos moyens.) L’entreprise sous-traitante spécialisée dans cette technique, avec une grosse tarière fixée sur une pelleteuse, fore le sol jusqu’à trouver le sol dur, réalisant des trous d’environ 40 cm de diamètre sur + ou - 120 cm de profondeur, qui seront ensuite remplis de béton fibreux. L'arasement au niveau servira de base pour la fixation de la dalle bois. Le plus compliqué pour cette opération, c’est le traçage préalable, ces pieux devant être impérativement à l'aplomb des poutres muralières,  parfaitement de niveau (alors que la tolérance en maçonnerie est de l’ordre du cm, en ossature bois, elle est de 1 m/m) et positionnées en fonction du plan fournit par le bureau d’étude. 20 pieux par maison plus 4 pour l’abri voiture, on a l’impression qu’une éclosion de champignons en béton a envahi le terrain. Par ailleurs, le sol délimité par l’espace occupé par les maisons, a subi un traitement conservatoire : géotextile et gravier diorétique, pour prévenir contre une humidité intempestive génératrice de moisissures.

le 26 janvier 2014: En relisant cette description relative aux fondations voir l'article décriptant ce choix.

Voilà, la préparation du terrain, les plots béton, l’enfouissement des canalisations, des cuves d’eau de pluie, des gaines du puits canadien, tout est prêt maintenant pour passer aux choses sérieuses ; La dalle bois!

Frédéric l’ordonateur, rentre là dans son élément !pict0681-2.jpg

Frédéric l’ordonateur, rentre là dans son élément ! 

14 ml de long, les poutres muralières

Il faut des bras pour installer ces poutres qui sont lourdes.

Cordeau traceur, mètre, décamètre, niveau laser on rentre dans la minutie du traçage où il faut porter toute son attention à sa bonne réalisation. De ce traçage dépendra la bonne mise en oeuvre de la maison. Niveau, équerrage, contrôle par triangulation, c’est de la géométrie appliquée.                                                             

Les poutres “muralières” 14ml de long, 300m/m haut, 58 m/m épaisseur.pict0704-1.jpg Ces poutres constituent l’ossature primaire de la dalle. Fixées sur les plots béton elles assurent l’équerrage et la rigidité, elles supporterons aussi les murs . Sur ces poutres, vient se fixer les étriers métalliques qui supporteront les poutres kerto intermédiaires.

                                                                                                                                 Poutres muralières

            

La remorque logistique indispensable

pict0678-1.jpg

   

Élément important: la remorque aménagée pour le stockage des outils, permettant un rangement dans le style: “Une place pour chaque chose et, chaque chose à sa place.”

 

                                


pict0708.jpgpict0651-1.jpg

 

 

                         Evolution de la dalle bois

 

 

 

Enfin, après la pose du pare vapeur, vissage de l’OSB constituant le plancher de la dalle.

Cette période de vacance permet d’avoir sur le chantier tous les jours le groupe des autoconstructeurs, accompagnés pour certain par des parents. Résultat le chantier avance à grand pas.pict0716.jpg

Profitant du “creux de la dalle”, passage des canalisations, alimentation et vidange des fluides, puis remplissage avec de la laine de roche dans toute l’épaisseur.

 

     pict0696.jpg
 

Mode constructif du concept Toit par toi

Ossature bois à « plate-forme » réalisées sur site


Le mode constructif : 

S’adressant à un public non professionnel (le seul critère pris en compte étant la capacité physique du postulant à répondre aux impératifs inhérents à la construction.) il fallait opter pour un système simple, ne nécessitant pas d’installation de chantier onéreuse, assimilable à tout participant dès l’instant où il bénéficie d’un accompagnement.

Notre choix s’est porté sur l’ossature bois dans un système constructif élaboré  par le CNDB au travers  du concept M.B.O.C (Maison bois outil concept) Le système qui a retenu notre attention est appelé « à plate-forme » réalisée sur site. Comme toutes constructions à ossature bois, le principe consiste à s’inscrire dans une logique fonctionnelle permettant de remplir les différentes fonctions d’une paroi par le matériau (ou l’association de matériaux) le plus performant. Cette fonction peut être soit  structurelle, soit thermique, acoustique, étanche à la vapeur d’eau, prenant en compte la sécurité incendie.

Ainsi, la structure verticale est assurée par des voiles  constitués de montants et de traverses en bois, contreventés par des panneaux de lamelles minces (OSB, contre-plaqué, agglomérés) et la structure horizontale réalisée par des planchers rigides, constitués de solives et des mêmes  panneaux plus épais. Cette structure sert de support à tout le second œuvre auquel elle fournit un véritable gabarit.

Ce système constructif a été conçu pour répondre aux DTU et répondre aux normes constructives en vigueur. Les règles liées à l’emploi des matériaux sont le fruit d’une optimisation constructive qui permet une garantie technique, mais également économique dans un rapport qualité/prix.

 Il s’agit de maisons construites à partir d’éléments unitaires conditionnés pour une fabrication sur site ( les éléments entrant dans la construction sont manu portables . )pict0729-2.jpgpict0737.jpg

Les éléments constitutifs  de la paroi verticale :img055.jpg

L’ossature : Elle est composée de :

·         Montants bois de 45x 145 de 2665m/m de haut avec entre-axe de 600 m/m

·         Traverse basse : de même section, celle-ci est clouée en about inférieur des montants, elle permet le clouage des voiles de contreventement, l’élévation des ossatures, leur réglage et leur ancrage

·         Traverse haute : Toujours de même section, celle-ci est clouée en about supérieur des montants et vient fermer le cadre.

·         Le clouage : Il s’agit  d’un clouage de positionnement en about des montants, il n’est donc pas structurel, ce sont les voiles qui transmettront les efforts.

Le contreventement :

·        img056-1.jpg Le voile travaillant est composé de panneaux de particules orientées (OSB) qualité CTBX de 8 m/m d’épaisseur. Il est fixé par des agrafes de 40x11

·         La règle des coutures Les fixations horizontales et verticales sur les montants et traverses périphériques du cadre doivent être espacées au maximum de 100 m/m

Le chaînage haut :

img057.jpg La lisse haute : la liaison horizontale entre les panneaux verticaux se fait dans un premier temps (avant même la pose du plancher ou des fermettes) par un chaînage constitué d’une lisse haute clouée sur la traverse haute du panneau en prenant soin de chevaucher les jonctions de panneaux de façon à constitué une continuité.

L’élément de paroi verticale arrive sur le chantier sous forme de montants, de lisses et de panneaux OSB. Il est assemblé sur la dalle constituant la plate-forme et levé en pivotant sur la lisse basse à l’remplacement même qu’il va occuper. En terme de manutention de composants, il s’agit d’une performance inégalée dans le bâtiment. La mesure du m2 de paroi mise en œuvre rapportée au kg transporté est, à performance égale, plus de 18 fois supérieure aux solutions bois préfabriquées en atelier.

Par ailleurs, les chutes sont quasiment inexistantes et réutilisables ce qui permet un chantier proprepict0803-1.jpg


Dynamique de groupe

Dynamique de groupe

Chantier test.

A Vendeuvre, nous inaugurons notre concept et comme toute expérimentation il faut tirer des leçons des évènements pour tenter de remédier aux carences constatées.

Sur le plan technique :

Dans un souci de coûts et d’économies, le choix d’appliquer le système MBOC dans toute sa rigueur est peut être à revoir. Si cette façon de procéder, réalisation des murs sur place à partir des éléments constitutifs, est effectivement la moins couteuse (du fait que le coût de la main d’œuvre ne rentre pas dans le prix de revient) il comporte aussi des inconvénients. Temps d’exécution plus long et prise en compte des intempéries qui peuvent perturber le chantier.

Le remède passe par la préfabrication. Cette hypothèse apporte forcément un surcoût, mais le gain de temps est considérable et, si on prend en compte les frais intercalaires mis en place par l’organisme bancaire, il y a un calcul à faire. De même, si des éléments préfabriqués nécessitent l’utilisation d’un engin de levage, ils suppriment en grande partie, les conditions météorologiques qui pénalisent le chantier. Autre élément à prendre en compte, la fatigue accumulée qui pénalise l’avancée du chantier et plombe « l’ambiance»

pict0777.jpg


Sur le plan humain

Pour ce qui est de l’ambiance justement. Autant il est relativement aisé de prévoir l’organisation et maîtriser les aspects liés à la technique, autant il est difficile de gérer l’aspect humain. Mettre ensemble des gens qui ne se connaissent pas, qui n’ont pas la même conception sur la notion « travail » est une des problématiques du concept. Quand on met ensemble un ouvrier du bâtiment, habitué à avoir un rendement exigé par son entreprise et un magasinier dans un négoce qui n’est pas soumis au même impératif, ou un employé du Futroscope, il y a forcément des disparités. Encore plus si on met en scène une hôtesse dans un hôtel ou une standardiste sur une plateforme d’appel. L’animateur technique, habitué à gérer des chantiers où il intervient auprès de clients individuels, ne se retrouve plus du tout dans le même cas de figure quand il doit gérer une quinzaine d’individus aux compétences diverses. De plus, le défi que se sont lancés les auto-constructeurs et l’enjeu que constitue l’emprunt qu’ils ont contracté, leur met une pression qui se traduit par la peur de mal faire. Résultat, l’animateur doit répéter les conseils qu’il a déjà prodigués, mainte et mainte fois, et ça il a du mal à l’accepter.

De même, l’animateur est là pour faire voir comment bien faire et non pas pour faire à leur place ce qui a été un peu le cas à Vendeuvre. Indépendamment de la formation aux techniques de la construction auprès des participants, il faudra aussi prévoir une formation au management des animateurs.

On ne s’improvise pas « meneur d’hommes ». La dynamique de groupe est une science très complexe. Elle rend compte du fait qu’un groupe est un organisme vivant : les personnes qui le constituent agissent et réagissent les unes par rapport aux autres, par rapport au groupe, et par rapport au but qui les réunit. Une certaine dynamique se met en place ; elle n’est pas toujours perceptible par tous. Le groupe peut aussi développer ce qui s’apparente à une vie intérieure.

La susceptibilité de chacun est à ménager et celle des femmes (par exemple) est différente de celle des hommes, ça peut créer des frictions dans un groupe mixte.

Un des points positif, qui n’est pas si évident, c’est la présence et la participation sur le chantier des différents ménages. Certains, tout en respectant la charte n’autorisant à participer que des membres de leur famille, ont pu bénéficier de cet apport, alors que d’autres, pour des raisons personnelles, n’avaient pas les moyens de faire bénéficier de cette participation précieuse. Lors d’une réunion pour établir les règles par rapport à cette problématique, la décision a été prise par le groupe que le seul impératif était la présence indispensable d’un membre par ménage, les apports extérieurs étant considérés comme un bonus

pict0725.jpg

.

 Développement personnel :

 Comme on l’a déjà vu, l’autoconstruction est une activité très prenante. Pour la majorité des autoconstructeurs, il s’agit du projet de leur vie. Au niveau de l’individu, l’autoconstruction d’une maison est un projet d’envergure. Ce caractère presque démesuré est aussi un challenge. C’est un défi lancé à soi-même, une épreuve salutaire. En réalisant son projet, on se réalise soi-même. On y met beaucoup de soi, au niveau financier, et en investissement temps.

L’autoconstruction est donc une expérience forte et unique. Au bout du compte, on acquière une confiance personnelle, conscient d’avoir réalisé quelque chose qui n’est pas à la portée de tout le monde.

Les conditions de réussite :

pict0740.jpg

  • Esprit d’équipe :
  • Solidarité
  • Tolérance
  • Enthousiasme
  • Convivialité
  • Acceptation démocratique des décisions du groupe

La contre partie à payer pour accéder à cette forme originale de l’acte de construire, passe par sa disponibilité, son engagement volontaire à consacrer tout ses temps libres à  bâtir sa maison de ses mains. Nous sommes donc tous embarqués sur un même bateau et nous devons ramer de concert si nous voulons arriver à bon port. J'ai baptisé ce projet : "La fraternité en action" !
Nous avons souscris ensemble un contrat moral de compagnonnage. Un tel projet doit paraître aux yeux de vos proches, complètement utopique, à nous de tout mettre en œuvre pour que cette "utopie" se transforme en une maison concrète où vous aurez plaisir à vivre avec vos familles.
Le compagnonnage, tel que je l’entends, c'est se serrer les coudes, faire face ensemble à l'adversité. 
Bien sur nous allons subir des moments de doute, ce serait trop beau que tout se déroule sans anicroches.
Le compagnonnage c'est le contraire du "chacun pour soi", c'est au contraire mettre en commun ce qui nous différencie? Nous sommes réunis autour de ce projet avec nos qualités et nos défauts. C'est la somme de nos compétences mises au service de tous qui nous fera avancer. Nous devons nous accepter les uns et les autres, tels que nous sommes et admettre que nos performances dans tel ou tel domaine, ne sont pas équitables.

pict0771.jpg

Je reprend mon texte un an après qu'il ait été écrit.

Je disais plus haut <<bien sur nous allons connaître des moments de doutes, ce serait trop beau que tout se déroule sans annicroches !>>

Et le pire est arrivé ! La seule entreprise sous traitante à intervenir dans la construction des maisons a  été une entreprise de gros oeuvre, qui avait pour mission la réalisation des "fondations". L'option choisie pour les dalles devant supporter l'ossature, a été la dalle bois, dont la spécificité  de par sa rigidité,  permet de reposer sur des plots béton, dont la réalisation a été confiée à l'entreprise  A partir d'un plan du bureau d'étude des établissements Rullier,  spécifiant les emplacements de ces plots il s'agissait de creuser jusqu'à trouver le sol "dur" et de couler des plots de 40/40 arrasés au niveau défini. Dans un souci de sécurité, Toit par toi avait inséré dans le budget prévisionnel, l'appel à un bureau d'étude spécialisé dans l'étude des sols. Cette étude a bien été commandée, et réalisée, mais l'entreprise n'en a pas tenu compte et a confectionné ces plots en dépit du bon sens. Le sol argilo-sableux nécessitait des socles en béton réalisés à 1m20 d'une section de 1 mètre carré supportant ensuite les pieux, pour assurer la portabilité des maisons. Ces faits sont ressortis lors du contrôle de l'APAVE missonnée pour un contrôle qualité qui, à la lecture de l'étude de sol et  du rapport de la réalisation a signalé cette non conformité.

Cet état de fait pouvait être résolu par la reprise en sous oeuvre des fondations, charge à régler le problème de malfaçon avec l'entreprise les ayant commises. L'association des auto-constructeurs, face à ce problème, sans prendre l'avis et les conseils de Toit par toi d'une part ,mais aussi de spécialistes en la matière, prenait la pire des décisions: porter l'affaire en justice.Tout le monde sait que cette institution doit s'appuyer sur l'avis d'un expert, lequel expert prend le temps de réflexion, avant de réunir les protagonistes  afin de trouver une solution.

Résultat, le tribunal d'instance ayant ouvert une requ'ête en Janvier 2012, l'expert étant désigné, à l'heure où j'écris ces lignes nous en sommes toujours à attendre le verdict et nous n ous trouvons devant un chantier arrêté, les maisons en cours de construction dressant leurs carcasses inachevées et subissant les intempéries.. Alors que les auto-constructeurs auraient du être dans leur maison, ils subissent toutes les charges liées au procès, sans être sur d'obtenir le dédomagement qui couvrirait la totalité du préjudice ! De plus ils se sont coupés de toutes interventions des collectivités qui, alarmés par cet état de fait étaient prêtes à aider .

Pour ma part, je suis plongé dans un dilemme qui est source d'insomnie: Ai je entraîné dans une "galère" ces jeunes ménages qui ont cru à mon concept, ont rêvé de mener à bien leur projet de maison et sont maintenant plongés dans un cauchemard, d'où je ne sais comment ils en sortiront ?

Alors que pendant 6 ans, à titre bénévole, je me suis démené pour que ce type de chantier puisse voir le jour. Que j'ai été confronté à toutes sortes de "pièges"  je dirai même de chausses trappes, qu'à force de conviction et de persuasion j'ai su déjouer ou contourner. Alors que par souci de transparence, j'avais fait en sorte de rendre les participants responsables en leur confiant tous les paramètres du projet, je n'avais jamais imaginé que tous ces efforts se solderaient par ce drame. L'entreprise de gros-oeuvre a commis une faute !  Cette grossière erreur pouvait être corrigée et nous aurions tout fait pour que les auto-constructeurs en subissent le moins possible les conséquences. Mais non, sans concertation, sans consultation d'experts, ils ont opté pour la pire des solutions et se sont coupés de toutes aides 

 


Une alternative à la crise du logement

Définition du concept « Toit par toi »

Partis du constat que le coût de l’immobilier a atteint des sommets vertigineux et prohibitifs, de plus en plus de ménages aux faibles revenus ne peuvent plus se loger.

Ce phénomène de société s’était déjà produit tout de suite après la guerre 39/45. La pénurie de logements sociaux, avait provoqué une réaction qui s’est traduite par la naissance du mouvement « Les Castor ». S’inscrivaient dans ce mouvement les personnes prêtent à donner de leur temps pour construire eux même leur maison. De ce fait, en mutualisant leurs achats, ils obtenaient des remises des négociants de matériaux et, en supprimant le poste « main d’œuvre » réalisaient une économie substantielle. Des dizaines de milliers de maisons se sont construites sous cette forme un peu partout en France.

Partant de cette idée, Toit par toi a mené une réflexion sur les possibilités qu’offre l’autoconstruction , pourquoi est elle possible aujourd’hui ?

  • L’élévation du niveau d’éducation (par rapport aux années 50/70 ère des Castors) offrent plus facilement l’accès aux techniques réservées aux spécialistes.
  • L’accès à l’information par le biais d’internet, permet d’ouvrir des fenêtres sur l’information spécialisée, autrefois réservée aux professionnels.
  • Le développement des technologies : Suite à l’inflation des coûts de la main d’œuvre, les industriels ont rapidement compris que la compétitivité des artisans passait par des produits faciles à mettre en œuvre. La majorité des produits du bâtiment mis sur le marché actuellement répondent à ce critère.
  • Le projet

Arrivé à ce point de réflexion, il fallait pouvoir chiffrer un projet qui prenne en compte l’aspect économie réalisée par la suppression du poste main d’œuvre (70% du coût global salaire+charges+ frais généraux), mais qui s’inscrive aussi dans une démarche « économie d’énergie » et de développement durable. L’intérêt de l’initiative est fort : la réalisation de maisons à hautes performances environnementales dans une dynamique sociale d’accession à la propriété.

Partant d’un plan très simple, sans fioritures car s’adressant à des non-professionnels, le choix s’est fait sur un pavillon type F4, 100m2 habitable avec garage attenant.

Le mode de construction qui s’est imposé dans notre démarche, c’est l’ossature bois et plus précisément le système issu du CNDB : Maison bois outil concept (MBOC), car le mieux adapté à ce concept de l’autoconstruction. Ce procédé de construction répond bien au impératifs que nous nous étions fixés, tant au niveau économie d’énergie du fait de sa grande qualité à ne pas générer de ponts thermiques que sur le plan écologique et développement durable.

Pour ce qui est des fondations (élément important pour la pérennité d’une maison) nous avons sélectionné le système « pieux béton » qui présentent l’avantage d’être libéré des contraintes liées au terrain. (Chaque chantier présentant des caractéristiques différent, fera l’objet d’une étude de sol préalable) Autre avantage présenté par la maison bois, est qu’elle est 10 fois moins lourde qu’une maison parpaing/béton.

Sur ces pieux, espacés suivant le plan fournit par le bureau d’étude, vient s’installer une dalle bois, constituée de longrines reposant sur les pieux et de poutres en I (membrures en sapin du nord / âme OSB) espacées de 40cm qui présente : facilité de manutention (légèreté), grande rectitude et stabilité, gain de temps pour la mise en œuvre, facilité pour « noyer » les tuyaux (évacuation et alimentation des fluides). Autres avantages et non des moindres, vide sanitaire ventilé et isolation renforcée sur toute l’épaisseur de la dalle (25cm)

Murs ossature bois, charpente fermettes industrielles, toiture tuiles.pers001-1.jpg

Menuiseries bois double vitrage argon, haute qualité à isolation renforcée. Isolation des murs périphériques, panneaux de fibre de bois 120 m/m, ouate de cellulose pour dalle bois et en comble perdue épaisseur 240 m/m.

Plafond et cloisons de distributions, plaques de plâtre.

Equipement plomberie : préfabriqué, livré en Kit sur mesure, prêt à poser, préparé en atelier qui permet de réaliser l’installation sans connaissances particulières et sans outillages spécifiques. Distribution en tubes polyéthylène réticulés (PER) raccords sans soudure.

Production d’eau chaude par panneaux solaire.

Installation électrique pré câblée aux normes C15-100 livrée en kit, comprenant câblerie (gaines+fils) appareillage, prêt à poser.

Renouvellement de l’air : puits provençal couplé à une VMC (ventilation mécanique contrôlée) double flux.

Notre étude de faisabilité à partir des éléments précités ressort à un coût total de fournitures de 50 000 € ht (espérant bénéficier de la TVA à 5.5).

Mise en œuvre

Cette étude est le fruit de réflexions sur les méthodes de construction, de recherches du meilleur rapport qualité/prix, de négociants prenant en compte les spécificités du projet, de solutions techniques répondant aux impératifs que nous nous étions fixés.

Les matériaux rentrant dans la construction de la maison, ainsi définis et chiffrés, reste à mettre tout ça en œuvre. Pour des néophytes, c’est une aventure, un challenge, un défi que l’on se lance à soi même. Ce défi, les membres de Toit par toi, le connaisse bien, beaucoup d’entre eux étant des professionnels qui ont fait carrière dans les métiers du bâtiment, certains d’entre eux sortant de réalisation d’autoconstruction personnelle, responsable de bureau d’étude spécialisé MBOC. Cette expérience, ils la mettent aux services des autoconstructeurs.

Autre garantie de bon déroulement des chantiers, le suivi par un comité de pilotage constitué de représentants de structures administratives qui s’impliquent à des niveaux divers dans la programmation et le contrôle des chantiers.

De plus, contrairement à certaines expériences d’autoconstructions où l’individu se lance seul dans l’aventure, ici, en plus de l’assistance de Toit par toi, nous avons à faire à un travail d’équipe. L’organisation réfléchie, préconisée par Toit par toi, conseille des chantiers de 12 autoconstructeurs. Douze maisons identiques, bâties en un même lieu, suivant un planning et une organisation construite pour rendre le travail des participants le moins pénible possible, le plus sécurisant quand à son bon déroulement et à son bon achèvement, éviter les pertes de temps et, de ce fait raccourcir au maximum les temps de réalisation. A terme, chacun des participants sera propriétaire de sa maison, mais tout au long du chantier, ce sont douze unités qui avancent au même rythme.

Autre facilité : mise à disposition des équipes d’un outillage professionnel qui couvre les besoins spécifiques aux différents métiers.

En phase de chantier, seraient garantis l’acquisition des compétences nécessaires pour les autoconstructeurs, la définition des process de construction, la validation de chaque étape des travaux grâce à la supervision d’un maître d’œuvre, avec des étapes formelles de contrôle.

Le succès de l’initiative doit être garanti :

Sur le plan technique (qualité, performance des ouvrages) tout ce qui précède apporte la preuve de notre maîtrise sur ce plan.

Sur le plan financier : Hormis les aides ponctuelles que peuvent générer un tel projet, pour ce qui est du financement des matériaux, chacun des autoconstructeurs contracte un emprunt qui couvre ses besoins.

Sur le plan juridique.

Groupement des autoconstructeurs.

Les autoconstructeurs d’un même chantier, se regroupent autour d’une structure afin de gérer par eux même les flux financier,

Les rapports entre les membres du groupement

Les rapports avec les tiers et la structure ayant en charge la conduite du chantier : l’opérateur.

Dynamique de groupe :

Un règlement intérieur définira les droits et devoirs de chacun des participants

L’opérateur , assure la logistique.

Son rôle, ses responsabilités.

Mise en œuvre du concept Toit par toi.

Formation aux techniques de constructions adoptées.

Organisation du chantier :

Planning,

Suivi et mise en route des différentes étapes

Contact: toitpartoi.free.fr

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×